À la page 2019,
il est question des 30 ans
de navigations de La Navire,
vaisseau artistique multicolore,
de navigations au long cours,
de navigations bleues-citron,
vertes-océan, rouges-émeraude,
violettes-bronze, grises-indigo,
il y est aussi question d’escales :
de Brest à New York,
de Córdoba à Niort,
de Zoeterwoude à Paris,  
de Kapuvar à la Flèche,
de Heidelberg à Essaouira,
de Genève à Budapest,
de Rotterdam à Alkmaar,
de Nîmes au Havre ;
il y est question d’artistes,
et pas n’importe lesquels,
d’itinérances, de découvertes,
de poésie, de lyrisme,
de couleurs, de matières,
mais essentiellement d’émotions.
Et vogue la Navire...

Pourquoi La Navire ?

Dans le Glossaire nautique : Répertoire polyglotte de termes de marine anciens et modernes d’Auguste Jal, 1847, il est écrit qu’aux XIVe, XVe et XVIe siècles, quelques écrivains, et des meilleurs, firent féminin le mot Navire, que d’autres faisaient masculin... Nef, Navie, Nauf et Nave restèrent féminines : pourquoi Navire devint-il masculin ?
C’est une anomalie dont la raison nous échappe.

Et on dit bien une nef et non un nef.

Le nom La Navire provient du poème La Navire de Marguerite de Navarre, sœur du roi François I
er qui a joué un rôle important lors de la première partie du XVIe siècle en manifestant un réel intérêt pour les idées nouvelles et en encourageant les artistes.
Ce poème a été écrit à Tusson (département de la Charente) en 1547, extrait :


Navire loing du vray port assablée,
Feuille agitée de l’impetueux vent
Âme qui est de douleur accablée

Tire toy hors de ton corps non sçavant,
Monte à l’espoir, laisse ta vieille masse,
Sans regarder derriere viens avant.

La galerie La Navire

ou l’invitation au voyage


La Navire ! Un beau nom pour une galerie qui a ouvert ses portes le 21 avril 1989 et qui, toutes toiles tendues, file vers un troisième millénaire dont elle a su capter l’esprit. La Navire : ce mot qui sent le vent et la houle était féminin quand le monde, avant la grande époque classique était jeune, foisonnant de promesses, d’itinéraires si féconds que le génie humain n’a cessé, depuis, de les parcourir, découvrant peu à peu l’univers dans son infinie luxuriance et l’homme dans ses espaces extérieurs et intérieurs, matériels et spirituels, civilisés ou sauvages. Galerie La Navire : port d’attache Brest, ville rude et chaleureuse, ouverte sur le grand large.

 

Destination ? L’univers immense et multiple aussi vieux que l’humanité, mais toujours en révolte contre lui-même, reculant toujours ses limites, de l’Art contemporain représenté par la peinture et la sculpture...
Certes, comme l’écrit René Char, le premier enchantement, le premier saisissement sont pour soi. Mais pour Marie-Pierre Arzur Dilasser, ils ne valent que d’être partagés, surtout pour tous ceux, les jeunes en particulier, que rebutent parfois le prétendu hermétisme
de la peinture contemporaine et les mondanités des vernissages, mais qui découvrent à la galerie La Navire une approche des œuvres, simple, libre, fondée sur l’émotion et le plaisir. En donnant leur chance à de jeunes peintres, la galerie La Navire donne leur chance à de nombreux amateurs d’art contemporain.


Yves Moraud
professeur à l’université de Bretagne Occidentale

© La Navire, galerie d'art en mouvement

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